Daniel a eu la gentillesse de nous rédiger un compte rendu complet de sa course lors du championnat de France de triathlon.

Les doutes  

Pour les championnats de France 2018, et riche de l’expérience de ceux de 2014 (Gravelines), il me semblait que je pouvais gagner entre 5 et 10’ avec un vélo performant, par rapport à mon vieux Décathlon titane. Estimation à partir d’un test sur mon circuit de Theix. J'avais cependant des doutes.

Les 4 questions que je me posais :

  • Le parcours des Gorges de l’Ardèche affichait 1700m de dénivelé positif, avec pratiquement aucune portion plate, les virages dangereux, surtout avec le possible mistral, parfois latéral. Un vélo de chrono allait-il pouvoir donner sa pleine mesure ?
  • Ce vélo est aussi lourd que mon ancien vélo. Quel gain sur un tel parcours de moyenne montagne, avec dénivelé important ?
  • La chasse réduite nécessite un pilotage précis surtout sur des parcours sinueux et rugueux. Oserai-je prendre quelques risques ?
  • Donner la pleine mesure d’un tel vélo suppose d’avoir conservé un bon niveau de puissance. A 70 ans est-ce réaliste ?

Il me fallait donc plusieurs semaines pour m'habituer au vélo, à ses réactions, relancer sans y laisser trop d'énergie.

La course

Sorti de l’eau en 3ème position de ma catégorie d’âge (V7), avec 14’ de retard sur l’un et 7’30 sur l‘autre, il me fallait faire un parcours vélo sans faute. Je me suis donc appliqué à raboter les dénivelés importants (en particulier les 2 côtes de 5/6 kms à 5%). Par contre, je me suis attaché à avaler les bosses courtes en profitant de l’inertie et de l’excellent aérodynamisme du vélo. Sans laisser trop de carburant. Il faut enchaîner un semi-marathon !

C’est d’ailleurs en avalant une bosse, que je suis revenu sur celui qui allait être mon principal concurrent.

Au 60ème km, je me suis retrouvé juste derrière lui, dans un faux-plat descendant. J’ai temporisé à 10m de lui, pour évaluer rapidement son état de fraicheur. J’ai décidé de bluffer ; j’ai légèrement accéléré pour le passer nettement (mais sans excès) et ai enchaîné en danseuse pour avaler les 200m de la bosse qui suivait. Il se trouve que ça a marché. Il m’a dit, après l’arrivée, qu’il a tenté d’accrocher, mais a très vite renoncé. C’était, en effet l’occasion de profiter des qualités du vélo pour faire la différence et ensuite gérer calmement la fin du vélo, en espérant l’avoir mis à distance pour ne pas avoir trop de pression en course à pieds.

Le bilan

Sur la partie vélo, je fais le meilleur temps de ma catégorie avec même de gros écarts sur mes principaux adversaires : 19’, 22’ et 33’, pour mes 3 poursuivants immédiats.

Il est évident qu’avec mon vélo, je n’aurais pu faire mieux que 2ème au général, 4 à 5’ derrière le champion de France en titre.

Je remercie les Cycles Chedaleux de m'avoir permis de louer le BMC Timemachine 01, car il a été décisif pour décrocher la plus haute marche du podium.

Daniel Jacob fait partie du Vénètes Triathlon